Les travailleurs migrants des pays du Golfe perdent leur emploi mais ne peuvent pas rentrer chez eux

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BEYROUTH – Le Qatar a enfermĂ© des dizaines de milliers de travailleurs migrants dans un quartier surpeuplĂ©, faisant craindre qu’il ne devienne un foyer de coronavirus.

En Arabie Saoudite, des entreprises ont dit Ă  des travailleurs Ă©trangers de rester chez eux – puis ont cessĂ© de les payer.

Au Koweït, une actrice a déclaré à la télévision que les migrants devraient être jetés « dans le désert ».

Les monarchies riches en pĂ©trole du Golfe arabe ont longtemps comptĂ© sur des armĂ©es de travailleurs migrants mal payĂ©s d’Asie, d’Afrique et d’ailleurs pour faire le gros du travail dans leurs Ă©conomies, et ont fait l’objet de critiques de longue date de la part des groupes de dĂ©fense des droits de l’homme pour avoir mal traitĂ© ces travailleurs.

Aujourd’hui, la pandĂ©mie de coronavirus a aggravĂ© la situation, car les migrants des États du Golfe se retrouvent enfermĂ©s dans des dortoirs exigus et insalubres, privĂ©s de revenus et incapables de rentrer chez eux en raison des restrictions de voyage.

Certains sont Ă  court de nourriture et d’argent et craignent de ne pas avoir d’endroit oĂą aller, dans des sociĂ©tĂ©s qui les traitent souvent comme une sous-classe inutile.

Le mois dernier, M. Totzky de la Cruz, un restaurateur philippin en Arabie Saoudite, a reçu l’ordre d’arrĂŞter de travailler, avec 16 de ses collègues, et que sans travail, pas de salaire. Les hommes n’ont pas reçu leur dernier salaire, et les allocations alimentaires que leur employeur leur avait promises ne sont pas arrivĂ©es.

« Nous devons nous entraider et compter les uns sur les autres », a dĂ©clarĂ© M. de la Cruz. « Celui qui a de l’argent supplĂ©mentaire devrait soutenir les autres ».

La pandémie risque également de perturber les importants transferts de fonds que les travailleurs migrants envoient chez eux.

Les vagues de pertes d’emplois parmi les travailleurs Ă©trangers et les fermetures de frontières internationales sapent les 690 milliards de dollars US (982 milliards de dollars amĂ©ricains) de transferts de fonds annuels dans le monde, Ă  un moment oĂą de nombreuses Ă©conomies Ă©mergentes ont plus que jamais besoin de devises fortes.

Le Liban, l’Ukraine et les Philippines seront parmi les plus touchĂ©s, tandis que l’AmĂ©rique latine pourrait connaĂ®tre une baisse de 18 % des envois d’argent chez elle par rapport Ă  l’annĂ©e dernière.

Le choc du coronavirus « bouleverse la sagesse selon laquelle les envois de fonds sont très stables », a dĂ©clarĂ© Mme Elina Ribakova, Ă©conomiste en chef adjointe de l’Institut de finance internationale Ă  Washington. « Les pays oĂą les travailleurs migrants sont temporairement basĂ©s connaissent une grande crise, et beaucoup d’entre eux se trouvent dans les secteurs qui sont touchĂ©s.

Les six pays riches du Golfe comptent plus de huit millions de travailleurs rien qu’en Inde, dont plus de la moitiĂ© sont des cols bleus.

Le gouvernement indien a dĂ©clarĂ© la semaine dernière Ă  la Cour suprĂŞme du pays qu’il n’Ă©tait pas prĂŞt Ă  laisser ces travailleurs rentrer chez eux : « Le risque grave que reprĂ©sentent les arrivĂ©es d’un nombre croissant de pays touchĂ©s par le Covid-19 est quelque chose que le gouvernement cherche Ă  minimiser », a dĂ©clarĂ© le ministère des affaires extĂ©rieures Ă  la Cour.

Le nombre total d’infections dans les six États du Golfe eux-mĂŞmes a augmentĂ© rĂ©gulièrement pour atteindre plus de 26 600, avec quelque 170 dĂ©cès, malgrĂ© les mesures de confinement telles que l’arrĂŞt des vols de passagers, les couvre-feux et, dans plusieurs cas, le bouclage des districts oĂą vivent de nombreuses populations de travailleurs expatriĂ©s Ă  faible revenu.

Le Pakistan, quant Ă  lui, a commencĂ© Ă  rapatrier certains de ses citoyens des Émirats arabes unis, qui avaient menacĂ© de revoir les liens de travail avec les pays refusant de reprendre leurs ressortissants pendant la pandĂ©mie. Le premier vol de Pakistan International Airlines transportant 227 « passagers bloquĂ©s » de DubaĂŻ et d’autres Ă©mirats est parti pour Islamabad samedi soir dernier. Plus de 40 000 Pakistanais du Golfe se sont inscrits au consulat pour rentrer chez eux.

D’autres pays disent qu’ils interviennent Ă©galement pour aider.

Le ministre de l’aide sociale aux expatriĂ©s et de l’emploi Ă  l’Ă©tranger du Bangladesh, Imran Ahmed, a dĂ©clarĂ© que Dhaka s’efforçait d’allĂ©ger les difficultĂ©s des citoyens, notamment en envoyant de l’argent aux missions Ă©trangères « afin que les migrants en difficultĂ© puissent ĂŞtre pris en charge ».

Un fonctionnaire philippin a dĂ©clarĂ© que les citoyens Ă  l’Ă©tranger peuvent bĂ©nĂ©ficier d’une allocation gouvernementale de 200 dollars US.

NYTIMES, REUTERS, BLOOMBERG

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