Les médecins parisiens craignent le pire de la vague Covid-19 à venir

Les médecins parisiens craignent le pire de la vague Covid-19 à venir

PARIS (AFP) – Dans l'unité de soins intensifs Covid-19 de l'hôpital privé Antony au sud de Paris, aucun lit ne reste longtemps gratuit et les médecins se demandent quand leur charge de travail atteindra enfin son maximum.

Alors qu'un patient âgé rétabli est transporté hors du service, souriant faiblement, le patron Jean-Pierre Deyme est au téléphone pour organiser la prochaine arrivée et appeler les instructions au personnel. Louisa Pinto, une infirmière de près de 20 ans d'expérience, fait un geste vers la pièce libérée où une femme de ménage est déjà au travail, frottant le matelas pour la prochaine arrivée.

«Le lit n'aura même pas le temps de se refroidir», dit-elle alors que le système de surveillance des patients émet un bip constant en arrière-plan. Pour l'instant, tout est stable dans la vingtaine de lits autour d'elle où les victimes de Covid-19 sont inanimées, dans une bataille silencieuse contre le virus. Paris traverse une troisième vague de pandémie qui risque de mettre encore plus de pression sur les hôpitaux saturés que la première vague de mars et avril de l'année dernière.

«Avec ce qui arrive en avril, ça va être très compliqué», dit Pinto, une mère de trois enfants qui n'a pas pris de vacances depuis l'été dernier et qui, comme d'autres membres du personnel, annulera une pause prévue ce mois-ci. Même avec une nouvelle série de restrictions entrant en vigueur cette semaine, le ministre de la Santé Olivier Veran prédit que les infections en France ne culmineront qu'à la mi-avril, tandis que les admissions à l'hôpital continueront de grimper jusqu'à la fin du mois.

Des prévisions alarmantes divulguées aux médias français de la part de l'autorité hospitalière publique parisienne AP-HP la semaine dernière faisaient état de 2 800 à 4 400 personnes en soins intensifs en région parisienne à la fin du mois d'avril, même avec un verrouillage strict. Dans la première vague, le nombre a culminé à 2700.

Pénurie de personnel

Le directeur de l'hôpital d'Antony, Denis Chandesris, affirme que la capacité des soins intensifs a déjà été augmentée en réduisant drastiquement toutes les interventions chirurgicales à l'exception des cancers critiques, des cas cardiologiques et d'urgence. Partout dans la région, les hôpitaux ont pris des mesures similaires, redéployant des lits et créant de nouveaux services, mais ils atteignent leurs limites.

"La difficulté n'est pas tant les lits ou le matériel, il s'agit de trouver du personnel médical et paramédical pour pouvoir accueillir les patients", a expliqué Chandesris.

Dimanche dernier, un groupe de directeurs des soins d'urgence à Paris a averti dans une lettre ouverte que la situation était si mauvaise que les médecins devraient bientôt commencer le «triage» – sélectionner les patients à soigner en fonction de leurs chances de survie. Cette perspective horrifie le personnel – et le président Emmanuel Macron a toujours promis de protéger les hôpitaux et d'éviter le genre de scènes observées en Italie en mars dernier lorsque les patients s'entassaient dans les couloirs.

Dans un discours télévisé à la nation mercredi soir, j'ai promis d'augmenter la capacité de soins intensifs à l'échelle nationale de 7 665 lits actuellement à 10 000 – un bond de 30 pour cent. "Je tiens à remercier les étudiants en médecine, les retraités, le service de santé de l'armée et les volontaires de la réserve médicale. Tous seront mobilisés de manière plus large", a-t-il annoncé.

Les politiciens de l'opposition et certains experts ont réagi avec scepticisme tandis qu'un sondage Ifop pour l'hebdomadaire Journal du Dimanche a révélé que seulement 35% des Français avaient confiance en leur gouvernement "pour lutter efficacement contre le coronavirus". Pinto, l'infirmière, a souligné à quel point le travail en soins intensifs est "très technique", nécessitant une formation et des connaissances spécialisées.

Nouvelles restrictions

Macron mise sur un verrouillage limité au cours du mois prochain pour renverser la tendance croissante des cas qui ont pratiquement doublé pour atteindre 40000 par jour par rapport à leur niveau d'il y a un mois. La forte accélération est due à la diffusion de la variante plus contagieuse dite britannique qui est devenue dominante en France. Les nouvelles mesures comprennent des restrictions de voyage à l'échelle nationale, qui limitent les personnes à 10 km de leur domicile, et la fermeture d'écoles et de magasins non essentiels.

Seule une augmentation significative de la campagne de vaccination – qui a commencé lentement mais qui s'accélère maintenant – remplit d'espoir les médecins de l'hôpital privé d'Antony. Après des mois de manque de doses, le gouvernement promet un déploiement majeur ce mois-ci et une augmentation du taux de piqûres.

Samir Taik, un chauffeur de taxi parisien, est sorti de l'hôpital d'Antony la semaine dernière en tant que 1000e patient Covid-19 à avoir bénéficié d'une oxygénothérapie dans l'unité de soins intensifs Covid-19. Le joueur de 43 ans, qui aime la boxe et le sport, est toujours essoufflé et sous le traumatisme de voir sa santé se détériorer si vite.

Il dit connaître trois ou quatre personnes au profil similaire à lui qui ont été hospitalisées récemment. "Les jeunes doivent savoir que nous ne parlons pas des 80 ans, ce sont des personnes qui ont 30, 40, 45 ans et qui n'ont pas de problèmes de santé. La variante britannique n'est pas comme l'ancienne", at-il a déclaré à l'AFP.

Grégoire

38 ans, séparé et papa d’un petit garçon nommé Nathan je suis un journaliste de presse écrite, fortement orienté vers l’humain, l'économie et la Chine. Je suis titulaire de la carte de presse 109543, depuis 2008.

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