Les Guinéens se rendent aux urnes pour un vote historique sur la constitution

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CONAKRY (AFP) – Les Ă©lecteurs de la GuinĂ©e, Etat d’Afrique de l’Ouest, ont Ă©tĂ© appelĂ©s aux urnes dimanche 22 mars pour un rĂ©fĂ©rendum âprement disputĂ© qui, selon les critiques, est un stratagème du prĂ©sident Alpha CondĂ© pour rester au pouvoir.

M. Conde propose une modification de la constitution pour codifier l’Ă©galitĂ© des sexes et introduire d’autres rĂ©formes sociales.

Mais ses opposants craignent que le vĂ©ritable motif soit de rĂ©initialiser la limite des mandats prĂ©sidentiels, permettant Ă  M. Conde, 82 ans, de se prĂ©senter pour un troisième mandat plus tard cette annĂ©e – un scĂ©nario que son gouvernement n’a pas Ă©cartĂ©.

Depuis octobre, les GuinĂ©ens ont protestĂ© en masse contre cette possibilitĂ©. Au moins 31 personnes et un gendarme ont Ă©tĂ© tuĂ©s Ă  ce jour, selon un dĂ©compte de l’AFP.

L’Ă©quitĂ© du vote de dimanche suscite Ă©galement des inquiĂ©tudes, d’autant plus que la propagation du coronavirus en Afrique est de plus en plus prĂ©occupante.

Initialement prĂ©vu pour le 1er mars, M. Conde l’a reportĂ© le mois dernier après les critiques internationales concernant les quelque 2,5 millions de noms douteux figurant sur les listes Ă©lectorales du pays.

Quelque 7,7 millions de personnes Ă©taient inscrites au registre, sur une population totale d’environ 13 millions de personnes.

Le gouvernement dit qu’il a maintenant effacĂ© les noms problĂ©matiques, après qu’une Ă©quipe d’experts du bloc de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, l’ait exhortĂ© Ă  le faire la semaine dernière.

Mais l’opposition guinĂ©enne, en proie Ă  des difficultĂ©s, doute encore de la crĂ©dibilitĂ© du vote.

M. Cellou Diallo, ancien premier ministre et chef du principal parti d’opposition, l’UFDG, a dĂ©clarĂ© que le processus de nettoyage des listes Ă©lectorales avait Ă©tĂ© opaque.

« C’est une mascarade Ă©lectorale », a-t-il dĂ©clarĂ©, ajoutant que le rĂ´le ne reflĂ©tait pas l’Ă©lectorat.

Son parti, ainsi que les autres grands partis d’opposition, boycottent Ă  la fois le rĂ©fĂ©rendum et une Ă©lection parlementaire qui se dĂ©roule en mĂŞme temps.

Dans un environnement politique profondĂ©ment polarisĂ©, les personnalitĂ©s de l’opposition ont Ă©galement fait le vĹ“u d’empĂŞcher les votes d’avoir lieu.

COMPTE « AUTORITAIRE

M. Sidya TourĂ©, le chef du parti d’opposition UFR, a dĂ©clarĂ© que M. CondĂ© veut « convaincre la communautĂ© internationale qu’il est ouvert Ă  la critique » tout en poursuivant quand mĂŞme un troisième mandat.

Ancien membre de l’opposition emprisonnĂ© sous les anciens rĂ©gimes de la ligne dure, M. Conde est entrĂ© dans les annales lorsqu’il est devenu en 2010 le premier prĂ©sident guinĂ©en dĂ©mocratiquement Ă©lu.

Il a Ă©tĂ© rĂ©Ă©lu par les Ă©lecteurs en 2015 pour son deuxième et dernier mandat de cinq ans en vertu de la constitution actuelle, mais les critiques disent qu’il est devenu de plus en plus autoritaire, citant des arrestations de dirigeants de mouvements de protestation.

Le projet de constitution limiterait également les mandats présidentiels à deux, mais prolongerait la durée du mandat à six ans, ce qui permettrait à Condé de gouverner pendant douze ans supplémentaires.

Le gouvernement guinéen affirme que la nouvelle constitution apportera des changements très nécessaires dans ce pays conservateur, en particulier pour les femmes.

Il s’agirait notamment d’interdire les mutilations gĂ©nitales fĂ©minines et le mariage des mineurs, et de donner aux conjoints des droits Ă©gaux en cas de divorce.

M. Conde n’a pas niĂ© qu’il pourrait utiliser la nouvelle constitution pour solliciter un autre mandat lorsque son second se terminera cette annĂ©e.

Il a dĂ©clarĂ© aux mĂ©dias français le mois dernier qu’il n’y avait « rien de plus dĂ©mocratique » que d’organiser un rĂ©fĂ©rendum et qu’il appartenait Ă  son parti de dĂ©terminer s’il se prĂ©senterait Ă  nouveau.

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