Le remake de l’Europe (III) : Anatomie du butin

[ad_1]

Cet épisode est assez long, plus de 3000 mots, mais il est très instructif. Je suggère de le conserver pour référence future.

L’absence de tout contrĂ´le politique des services de la Commission europĂ©enne a permis aux fonctionnaires de devenir autonomes et non responsables. Cette anomalie se reflète notamment dans la manière dont les appels d’offres, les projets et les programmes sont financĂ©s par le budget de l’Union. Des milliards d’euros sont passĂ©s sous silence – sans aucune transparence ni contrĂ´le – et sont allĂ©s dans les poches des quelques Ă©lus et ont des liens directs ou indirects avec les adjudicateurs des contrats correspondants.

Les procĂ©dures d’attribution, Ă  première vue, semblent lĂ©gitimes, mais pour un expert comme Laura Kovesi, la plupart d’entre eux pourraient faire l’objet d’une enquĂŞte pĂ©nale. Il serait donc judicieux que le prĂ©sident de la Commission examine cette… anomalie… et la corrige avant que le procureur europĂ©en ne prenne la relève et mette de l’ordre chez elle sans jamais avoir Ă©tĂ© invitĂ©. Parce qu’en temps de dĂ©chĂ©ance galopante, beaucoup de choses peuvent arriver.

La crise du virus est utilisĂ©e pour la transition en douceur, avec un minimum de dommages collatĂ©raux, vers la nouvelle civilisation occidentale. Toutes les sociĂ©tĂ©s occidentales s’y adapteront et il n’y a pas de retour possible. Celui qui ne s’adapte pas disparaĂ®tra. C’est la nature, et c’est notre monde.

Dans ce contexte, si le prĂ©sident de la Commission ne prend pas en main le contrĂ´le de l’avenir de l’Europe et s’il manque l’occasion unique d’apporter tous les changements nĂ©cessaires Ă  sa Commission maintenant, tĂ´t ou tard, celle-ci s’effacera et elle passera Ă  l’histoire comme « le dernier prĂ©sident ».

Appels d’offres

Ă€ l’heure actuelle, il n’y a ni transparence ni responsabilitĂ© dans l’attribution des offres. Les appels d’offres lancĂ©s directement par la Commission europĂ©enne sont rĂ©digĂ©s de manière Ă  ce que seules quelques entreprises basĂ©es Ă  Bruxelles – les « clients » habituels – puissent en bĂ©nĂ©ficier.

Les spĂ©cifications des appels d’offres sont très compliquĂ©es, ce qui n’ajoute rien Ă  leur substance, et sont rĂ©digĂ©es de telle manière qu’une entreprise ne peut sortir gagnante que si elle dispose du personnel spĂ©cialisĂ©, par ailleurs inutile, nĂ©cessaire pour interprĂ©ter les spĂ©cifications de l’appel d’offres et rĂ©diger la proposition. Le bon contact, bien sĂ»r, dans le dĂ©partement concernĂ© est l’autre condition prĂ©alable. Afin de dĂ©velopper les liens nĂ©cessaires avec les laurĂ©ats potentiels des appels d’offres, les fonctionnaires concernĂ©s sont extrĂŞmement prudents et limitent leur lien Ă  une seule personne par laquelle tout est gĂ©nĂ©ralement rĂ©glĂ©.

Lorsqu’un appel d’offres est « dĂ©dié » Ă  une entreprise spĂ©cifique, gĂ©nĂ©ralement une ou deux autres entreprises « amies » participent Ă  l’obtention d’une note supĂ©rieure Ă  50 %, tandis que d’autres, qui ne font pas partie de « la parcelle », reçoivent moins de 50 %.

Ce qui se passe ensuite est simple et facilement prévisible.

L’appel d’offres est attribuĂ© au « meilleur » soumissionnaire, ce qui arrive Ă  celui qui a Ă©tĂ© choisi au prĂ©alable. Les autres soumissionnaires « amis » sont mis en place pour participer dans le seul but de perdre. Cependant, ils perdent le bĂ©nĂ©fice d’un peu plus de 50 %, ce qui les rend Ă©ligibles pour faire appel. Bien sĂ»r, ils ne font pas appel. Au contraire, fĂ©licitez le gagnant et oubliez tout cela. Quant aux autres, ceux qui ont dĂ©pensĂ© plusieurs centaines de milliers d’euros pour prĂ©parer la proposition et qui pourraient ĂŞtre les vĂ©ritables gagnants, ne peuvent pas faire appel de la dĂ©cision car, lors de l’Ă©valuation, ils n’ont reçu que 49%, ce qui est infĂ©rieur au seuil de 50% nĂ©cessaire pour avoir le droit de se plaindre. Cependant, ils doivent ĂŞtre heureux car le chef de l’unitĂ© qui a portĂ© l’appel d’offres, lui-mĂŞme, avec une attitude très libĂ©rale, a appelĂ© et leur a dit la prochaine fois qu’ils postulent, de faire attention Ă  la compilation de leur candidature !

Il convient de mentionner qu’avec ce « brevet », une agence très estimĂ©e de la Commission, attribuĂ©e au mĂŞme consortium (avec la mĂŞme composition utilisant des noms diffĂ©rents), et au mĂŞme chef d’Ă©quipe, obtient le mĂŞme contrat de plusieurs millions de dollars sur quatre ans pour le projet de 4th temps et la Commission ne voit rien de mal.

Fonds structurels

Les Fonds structurels visent Ă  dĂ©velopper les infrastructures publiques dans les États membres et Ă  promouvoir la cohĂ©sion Ă©conomique, sociale et territoriale. En matière d’attribution des fonds, la procĂ©dure est relativement simple. Au niveau politique (c’est-Ă -dire les gouvernements), les deux grands acteurs – la France et l’Allemagne – et « le système » dĂ©cident de manière informelle de la rĂ©partition des grands projets. Cela concerne plus de la moitiĂ© des projets cofinancĂ©s chaque annĂ©e.

Une fois que les fonds structurels sont alloués et que les grands projets sont attribués, le gouvernement du grand acteur concerné décide souvent quelle entreprise prendra en charge chaque projet.

Les services compĂ©tents de la Commission sont ensuite informĂ©s. ImmĂ©diatement après, le cabinet du commissaire intĂ©ressĂ© – d’un grand État membre, pas de tous les commissaires – informe le directeur gĂ©nĂ©ral responsable du projet de la dĂ©cision prise. Le bureau du directeur gĂ©nĂ©ral dit alors que le gouvernement qui a obtenu le projet, que la Commission pense qu’une entreprise particulière est assez bonne pour faire le travail. L’information est transmise discrètement, par le bouche Ă  oreille, au service compĂ©tent et un fonctionnaire se rend dans le pays qui a reçu le projet et informe – encore, et toujours par le bouche Ă  oreille – le ministre responsable.

Le directeur gĂ©nĂ©ral sait que s’il n’est pas d’accord avec le choix prĂ©sentĂ© par le cabinet du commissaire intĂ©ressĂ©, il bĂ©nĂ©ficiera, lors de la prochaine rotation des directeurs gĂ©nĂ©raux, sinon avant, d’une retraite anticipĂ©e en vertu de l’article 50 du statut des fonctionnaires de l’UE. Chaque directeur gĂ©nĂ©ral comprend qu’en suivant les souhaits des patrons, tout se passera bien et qu’ils seront couverts en cas de plainte. Ils savent aussi que dĂ©sobĂ©ir, cela signifierait la fin effective de leur carrière.

Le ministre de l’État membre est conscient qu’en suivant les instructions, il lui resterait une part importante de l’argent – gĂ©nĂ©ralement entre 20 et 50 % – qui a Ă©tĂ© allouĂ© au projet, Ă  rĂ©partir entre les sous-traitants locaux pour effectuer le travail. En cas de plainte, il serait lui aussi couvert par « le système ». Ce ministre sait Ă©galement qu’en cas de refus, il est fort probable que la demande d’aide Ă  la construction du projet sera finalement rejetĂ©e, tandis que le dĂ©partement de la politique rĂ©gionale de la Commission enverra ses auditeurs pour examiner certains projets passĂ©s et rĂ©cupĂ©rer quelques centaines de millions d’euros.

Le ministre sait Ă©galement que la plus grande partie du financement n’est pas versĂ©e aux sous-traitants qui font le travail mais est prise par le contractant initial. Cette partie de l’entreprise ne sera jamais contrĂ´lĂ©e par qui que ce soit.

Programmes

La diffĂ©rence entre les Fonds structurels et les diffĂ©rents programmes est simple et claire. Grâce aux fonds structurels, des sommes importantes de l’UE sont versĂ©es dans les poches de personnes qui ne devraient pas en bĂ©nĂ©ficier. Pourtant, au bout du compte, un projet d’infrastructure est rĂ©alisĂ© et l’État membre, mĂŞme si le projet a connu de graves dĂ©passements de coĂ»ts, obtient quelque chose – une autoroute, un aĂ©roport, une voie ferrĂ©e, quelque chose de rĂ©el et de tangible, qui est utile Ă  la sociĂ©tĂ© et amĂ©liore la vie des citoyens ordinaires.

Les projets d’infrastructure durent et restent pour les gĂ©nĂ©rations futures, mĂŞme si pendant la mise en Ĺ“uvre du projet, le budget a Ă©tĂ© dĂ©passĂ© et que les pots-de-vin ont volĂ© dans tous les sens.

La beautĂ© des programmes de l’UE est que tout l’argent allouĂ©, des milliards d’euros chaque annĂ©e, est dĂ©pensĂ© avec peu, voire aucun, bĂ©nĂ©fice pour la sociĂ©tĂ© par des procĂ©dures qui ne profitent qu’Ă  quelques-uns et sans transparence ni responsabilitĂ©. En effet, les bĂ©nĂ©ficiaires sont certains types d’organisations « qualifiantes », telles que des universitĂ©s, des municipalitĂ©s sĂ©lectionnĂ©es, des centres de recherche et divers, des ONG amies et des entreprises privĂ©es sĂ©lectionnĂ©es, qui, par coĂŻncidence, entretiennent toutes de bonnes relations avec l’autoritĂ© d’attribution.

Les bĂ©nĂ©ficiaires reçoivent l’argent non pas parce qu’ils ont nĂ©cessairement les meilleures capacitĂ©s scientifiques, mais grâce Ă  la capacitĂ© qu’ils ont dĂ©veloppĂ©e de gĂ©rer des procĂ©dures et des formalitĂ©s bureaucratiques compliquĂ©es et le plus souvent inutiles et de remplir les documents de candidature de manière adĂ©quate.

Les soumissionnaires concurrents peuvent avoir deux ou trois prix Nobel dans leur Ă©quipe, mais comme dans votre proposition de projet de 600 pages, vous n’avez pas pu respecter les formalitĂ©s et que vous ne faites pas partie des « élus », vous serez disqualifiĂ©. Ces « experts » ont en fait comme seul domaine d’expertise – leur connaissance de la bureaucratie de la Commission. Il n’est pas rare qu’ils aient Ă©galement les bons contacts entre les chefs d’unitĂ© et les gestionnaires de dossiers.

Quant aux avantages pour le personnel de la Commission, il s’agit surtout de justifier leur existence autrement inutile et de se construire une belle carrière avec tous les « goodies » – de bons salaires non imposables, des avantages en nature, des amitiĂ©s et du pouvoir. Dans le dialecte napolitain, on dit « u cummanĂ  è meglio che fottere. » (mieux vaut rĂ©gner que f-ing)

Il existe plusieurs programmes de l’UE, d’une valeur de plusieurs milliards d’euros chacun, tels que Horizon 2020, LIFE, MEDIA, MOBILITY, ERASMUS, COSME etc., mais très peu de personnes peuvent effectivement participer Ă  la plupart d’entre eux avec des chances raisonnables d’ĂŞtre sĂ©lectionnĂ©es. L’information est disponible en grande quantitĂ©, mais elle est vague et seuls les spĂ©cialistes de la bureaucratie, et avec quelques liens vers « le système » peuvent dĂ©chiffrer les termes et se faire concurrence avec succès.

Dans le passĂ©, les projets Ă©taient attribuĂ©s proportionnellement aux États membres en fonction de certains critères objectifs. Selon cette pratique, les autoritĂ©s locales ont lancĂ© des appels d’offres nationaux et ont attribuĂ© les diffĂ©rents projets d’un programme spĂ©cifique. Les diffĂ©rents services de la Commission en charge se sont limitĂ©s Ă  effectuer les audits.

Cependant, en utilisant divers arguments comme le conte de fĂ©es selon lequel la corruption n’existe que dans les diffĂ©rents États membres et qu’aucun cas de mauvaise conduite ou de double emploi ne peut ĂŞtre trouvĂ© Ă  la Commission europĂ©enne ( !), « le système » a rĂ©ussi Ă  obtenir le contrĂ´le de l’allocation de ces fonds. Par consĂ©quent, Ă  l’exception de MEDIA et ERASMUS, les États membres sont exclus du processus de distribution des fonds aux bĂ©nĂ©ficiaires. Ce privilège a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© aux services de la Commission et l’argent est distribuĂ© aux quelques « élus » par la Commission.

Peu importe que le meneur de jeu de ce butin soit, par exemple, le chef d’une unitĂ© du directeur gĂ©nĂ©ral de l’Ă©nergie, qui a rĂ©ussi Ă  construire son propre royaume au sein du « système » en conservant son poste sensible pendant des dĂ©cennies, ou une dĂ©lĂ©gation de la Commission. C’est la Commission dans son ensemble que les citoyens europĂ©ens considèrent comme responsable du butin.

Il convient Ă©galement de mentionner que dans le cadre de la prise en charge de la distribution des fonds pour les programmes, « le système » a crĂ©Ă© de nombreuses « agences » rĂ©parties dans les États membres qui, dans certains cas, gèrent des sommes importantes. C’Ă©tait une dĂ©marche particulièrement intelligente car les hĂ´tes de cet État membre particulier pensent qu’en accueillant une agence, ils pourraient influencer les futurs audits. Ce n’est cependant pas le cas, car les agences sont le bras long de la Commission et sont prĂ©sentes dans cet État membre pour rĂ©aliser des choses que la Commission ne peut pas faire elle-mĂŞme. Ils n’ont toutefois que des effets thĂ©rapeutiques sur l’État membre d’accueil rĂ©el.

La Commission contrĂ´le tout. Il dĂ©cide des paramètres des projets, lance les appels d’offres, attribue et sous-traite les projets, supervise le suivi et l’audit, etc. Et surtout, il n’est jamais tenu pour responsable.

Tous les programmes ont pour caractĂ©ristique commune que nombre de leurs Ă©lĂ©ments laissent une large place Ă  l’interprĂ©tation arbitraire. Les procĂ©dures sont très compliquĂ©es et longues, avec un long intervalle entre la prĂ©sentation de la proposition et les paiements. Ainsi, alors que les prix sont limitĂ©s Ă  un petit nombre de candidats, parmi lesquels les diffĂ©rents projets de chaque programme sont attribuĂ©s par rotation, la transparence est loin d’ĂŞtre assurĂ©e.

Une deuxième caractĂ©ristique tout aussi importante de tous les programmes est qu’une fois qu’un appel Ă  propositions est lancĂ© et qu’un bĂ©nĂ©ficiaire potentiel ordinaire dĂ©cide de participer et de soumettre une proposition, si celle-ci est rejetĂ©e, il ne sera jamais informĂ© des raisons du refus. On leur dit cependant ce qu’ils doivent amĂ©liorer. En outre, il n’y a pas de possibilitĂ© de faire appel d’un rejet. Dans le passĂ©, ce type de gestion n’Ă©tait largement utilisĂ© que par l’Union soviĂ©tique. Aujourd’hui, il n’est utilisĂ© que par la Commission europĂ©enne et certains pays subsahariens.

Il convient Ă©galement de noter qu’en dĂ©pit du fait que l’UE compte 27 États membres, une grande partie de chaque programme – parfois plus de la moitiĂ© des fonds du programme – finit par ĂŞtre attribuĂ©e Ă  des bĂ©nĂ©ficiaires originaires de deux ou trois pays seulement. Ainsi, 60 % des projets LIFE sont attribuĂ©s Ă  des entreprises italiennes et espagnoles.

La raison n’est peut-ĂŞtre pas Ă©trangère au fait que dans les unitĂ©s LIFE de la Commission, les Italiens et les Espagnols occupent les postes les plus importants. Les deux États membres au pouvoir, en particulier l’Allemagne, ne sont pas entièrement Ă  la traĂ®ne, car leurs entreprises ont des succursales ou des filiales dans tout le bloc qui s’associent Ă  des entreprises locales.

Tous les programmes sont caractérisés par des procédures bureaucratiques inutiles sans précédent. Par conséquent, personne ne se soucie des résultats des projets spécifiques et personne ne demande jamais si le projet a eu un impact significatif sur la société. Habituellement, une fois terminés, les projets sont enfermés dans un classeur et oubliés à jamais.

En fait, leur seule utilitĂ© est de servir les bĂ©nĂ©ficiaires du projet et non la sociĂ©tĂ©. Par exemple, un professeur d’universitĂ© qui se trouve ĂŞtre le directeur scientifique du projet bĂ©nĂ©ficiera d’une ou deux publications ou articles scientifiques autrement dĂ©nuĂ©s de sens qui prĂ©sentent les rĂ©sultats du projet. Ces articles seront ajoutĂ©s au CV du professeur et donneront certainement un coup de pouce Ă  sa carrière scientifique. En outre, il pourra favoriser quelques associĂ©s en les inscrivant au projet et en leur offrant ainsi la possibilitĂ© d’ĂŞtre payĂ©s deux fois (leur salaire universitaire et les frais de projet) pour les tâches qu’ils effectuaient couramment pendant leurs missions universitaires.

Tous les projets financĂ©s par l’UE exigent des bĂ©nĂ©ficiaires qu’ils offrent leur « propre participation », c’est-Ă -dire un montant que le demandeur doit verser pour couvrir une partie des coĂ»ts. Dans la pratique, la plupart des bĂ©nĂ©ficiaires couvrent effectivement leur participation par leurs propres frais de personnel en exagĂ©rant simplement leur rĂ´le dans le projet sur les feuilles de temps de leurs employĂ©s.

Du cĂ´tĂ© de la Commission, ils ne se prĂ©occupent que de l’attribution des projets Ă  leurs clients habituels et veillent Ă  ce que les procĂ©dures bureaucratiques soient soigneusement respectĂ©es. En d’autres termes, personne ne se soucie de la substance des projets ou n’Ă©value la nĂ©cessitĂ© de ces dĂ©penses pour la population.

Le vĂ©ritable objectif des projets est que « le système », sous ses diverses formes et ramifications (unitĂ©s de la Commission et agences exĂ©cutives), distribue l’argent Ă  volontĂ© aux bĂ©nĂ©ficiaires sĂ©lectionnĂ©s, grâce Ă  une mĂ©thodologie bureaucratique très sophistiquĂ©e et exigeante. Quant Ă  l’impact rĂ©el de cet Ă©norme investissement, la plupart de ces projets n’ont aucune valeur commerciale et des possibilitĂ©s très limitĂ©es de survivre dans l’environnement d’un marchĂ© privĂ©.

En rĂ©sumĂ©, les « programmes » sont un mĂ©canisme classique de la Commission europĂ©enne pour distribuer de l’argent aux « clients habituels ». Ainsi, toute une communautĂ© d’universitaires, de consultants, d’experts, etc. vit de cet argent.

La Commission est hermĂ©tiquement fermĂ©e et les « étrangers » sont dĂ©couragĂ©s de participer. Autrement dit, pourquoi des entreprises ordinaires qualifiĂ©es se donneraient-elles la peine de participer alors qu’elles savent d’avance que le taux d’acceptation d’une proposition est infĂ©rieur Ă  10 % (moins de 10 propositions sur 100 seront finalement financĂ©es) et qu’une poignĂ©e de pays obtiendront 60 % de cet argent tandis que le reste ira Ă  la petite cabale des entreprises basĂ©es Ă  Bruxelles et bien connectĂ©es – les clients habituels ?

Il existe Ă©galement un arsenal complet de contrĂ´les bureaucratiques, basĂ©s sur un système absurde de règlements que seules quelques personnes savent gĂ©rer. Il s’agit ici de nourrir une armĂ©e d’experts – c’est-Ă -dire des consultants spĂ©cialisĂ©s dans la rĂ©daction de propositions, d’autres spĂ©cialisĂ©s dans l’Ă©valuation des propositions, puis d’autres qui effectuent un « contrĂ´le » au nom de la Commission, et ceux qui peuvent interprĂ©ter les règlements. Et en plus de tout cela, il y a une grande variĂ©tĂ© d’auditeurs spĂ©cialisĂ©s dans l’audit de projets. Ceux qui contrĂ´lent le travail des fonctionnaires de la Commission, et ceux qui effectuent des audits ex-post… C’est une armĂ©e de personnes totalement inutiles, tout aussi inutiles que la plupart des projets eux-mĂŞmes.

Si vous n’ĂŞtes toujours pas convaincu, demandez simplement Ă  la Commission quel pourcentage des rĂ©sultats de ces projets aboutissent d’une manière ou d’une autre dans l’Ă©conomie rĂ©elle, sur le marchĂ© – la moitiĂ© d’entre eux ? 20 % ? 10% ? En fait, la proportion de projets utiles n’est pas publiĂ©e, et pour une bonne raison. Elle se situe dans la fourchette de l’erreur statistique.

Von der Leyen peut le sauver

Les appels d’offres, les programmes et les projets sont autant d’obstacles pour les citoyens europĂ©ens et les États membres. Peu importe ce qu’ils font, peu importe leur rĂ©action, peu importe s’ils font appel – Ă  condition qu’ils ne soient pas techniquement refusĂ©s, ils n’ont aucune chance. Ils sont tous lĂ©galement acculĂ©s par une lĂ©gitimitĂ© artificielle fixĂ©e par « le système », dont le seul but est d’exclure les intrus et de faire les choses Ă  leur manière.

Cette situation dĂ©plorable peut ĂŞtre facilement corrigĂ©e car elle ne repose que sur des pièges procĂ©duraux et des Ă©cueils posĂ©s par les services afin d’exclure de vaillants concurrents et d’assigner l’entreprise Ă  leurs propres Ă©lus.

À cet effet, ce proverbial nœud gordien peut être résolu en deux coups.

Rendre les règles simples et facilement applicables par les entreprises qui remplissent les conditions substantielles (expĂ©rience, personnel, etc.), sans employer de rĂ©dacteurs spĂ©ciaux pour remplir les formulaires inutiles et placer l’ensemble de la procĂ©dure sous le contrĂ´le direct du Parlement europĂ©en.

De cette manière, la Commission europĂ©enne retrouvera la crĂ©dibilitĂ© qu’elle a perdue dans les États membres. C’est très important pour sa survie Ă  long terme. La confiance, la crĂ©dibilitĂ© et le respect des institutions sont les clĂ©s.

Une commission spĂ©ciale doit ĂŞtre crĂ©Ă©e au Parlement pour superviser tous les appels d’offres ainsi que les programmes et les projets. En outre, il doit y avoir un contrĂ´le du Parlement europĂ©en avec le pouvoir de licencier et de renvoyer devant la justice les employĂ©s qui violent les règles juridiques et morales clairement prĂ©dĂ©finies (et nouvelles) du bloc.

Le mĂŞme comitĂ© examinera et approuvera, avec l’aide d’experts extĂ©rieurs des États membres, les spĂ©cifications sans s’Ă©carter du contenu de l’appel. Dans ce contexte, la commission du Parlement Ă©liminera ou rĂ©duira au minimum les procĂ©dures bureaucratiques inutiles qui limitent la participation des participants Ă©ligibles, tout en augmentant considĂ©rablement les coĂ»ts de rĂ©daction des propositions. Les programmes qui doivent ĂŞtre transfĂ©rĂ©s aux États membres devraient ĂŞtre sous la supervision directe de la commission spĂ©ciale du Parlement europĂ©en.

Parmi les spĂ©cifications pour l’attribution des programmes, il faut ajouter une nouvelle exigence qui aura un coefficient Ă©levĂ© dans l’Ă©valuation de la proposition – son utilitĂ© pour la sociĂ©tĂ© et la façon dont elle sera utilisĂ©e par l’industrie au profit des citoyens. De toute Ă©vidence, une proposition visant Ă  inventer une simple raffinerie d’eau potable pour les mĂ©nages avec de faibles coĂ»ts d’exploitation obtiendra certainement une meilleure note qu’une proposition de recherche scientifique sur la façon dont les changements climatiques affectent la teinte des chrysanthèmes.

La solution Ă  cet inconvĂ©nient majeur est simple, très simple – simplifier les spĂ©cifications et les procĂ©dures, avoir un contrĂ´le direct du Parlement europĂ©en et introduire le principe de l’optimisation des ressources.

(Ă  suivre).
(protégé par courrier électronique)

[ad_2]