Le Liban et Israël entament des pourparlers historiques sur la frontière maritime

Le Liban et Israël entament des pourparlers historiques sur la frontière maritime

BEYROUTH (AFP) – Le Liban et Israël, toujours techniquement en guerre, entament mercredi 14 octobre des pourparlers sans précédent parrainés par l'ONU et Washington pour régler un différend frontalier maritime et ouvrir la voie à l'exploration d'hydrocarbures.

Après des années de diplomatie de la navette américaine, le Liban et Israël, ont déclaré ce mois-ci qu'ils avaient accepté d'entamer des négociations sous l'égide de l'ONU, dans ce que Washington a salué comme un accord "historique".

Les pourparlers, qui auront lieu au siège de la force de maintien de la paix de l'ONU Unifil dans la ville frontalière libanaise de Naqura, interviennent des semaines après que Bahreïn et les Émirats arabes unis sont devenus les premiers pays arabes à établir des relations avec Israël depuis l'Égypte en 1979 et la Jordanie en 1994. .

Cela a suscité des soupçons selon lesquels la vague de diplomatie soutenue par les États-Unis concernant Israël est liée à la campagne de réélection du président Donald Trump.

Les pourparlers de Naqura, qui se concentreront exclusivement sur la frontière maritime contestée, interviennent à un moment sensible alors que le Liban, battu par de multiples crises, espère continuer à explorer le pétrole et le gaz dans une partie de la Méditerranée également revendiquée par Israël.

L'envoyé américain David Schenker animera la séance d'ouverture avec l'ambassadeur américain en Algérie, John Desrocher, qui servira de médiateur dans les pourparlers.

Israël a déclaré qu'il y aurait des "négociations directes", ce que les responsables libanais ont nié.

Il est prévu que les deux délégations siégeront dans la même salle.

Les pourparlers doivent commencer dans la matinée, mais aucune heure précise n'a été rendue publique.

Israël envoie une équipe de six membres, dont le directeur général de son ministère de l'Énergie, le conseiller en politique étrangère du Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de la division stratégique de l'armée.

La délégation libanaise de quatre membres comprend deux officiers de l'armée, un responsable pétrolier libanais et un expert en droit des frontières maritimes.

'Nous n'avons aucune illusion'

Israël et le Liban n'ont pas de relations diplomatiques et les pourparlers de cette semaine sont une rare interaction officielle.

Le Liban insiste sur le fait que les négociations sont purement techniques et n'impliquent aucune normalisation politique douce avec Israël.

Le Liban, embourbé dans sa pire crise économique depuis la guerre civile de 1975-1990, cherche à régler le différend frontalier maritime afin de pouvoir poursuivre sa quête offshore de pétrole et de gaz.

En février 2018, le Liban a signé son premier contrat de forage dans deux blocs en Méditerranée avec un consortium regroupant les géants de l'énergie Total, ENI et Novatek.

L'exploration de l'un des blocs est plus controversée car une partie de celui-ci est située dans une zone de 860 km2 revendiquée par Israël et le Liban.

Une source de haut niveau au ministère israélien de l'Energie a déclaré à l'AFP que le différend frontalier "pourrait être conclu dans quelques mois, espérons-le."

"Il s'agit d'un effort limité pour résoudre un problème bien défini et limité", a-t-il déclaré.

"Nous n'avons aucune illusion. Notre objectif n'est pas de créer ici une sorte de processus de normalisation ou de paix."

Le Dr Hilal Khashan, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth, a déclaré qu'un accord entre les deux parties est "la meilleure option pour le Liban afin qu'il puisse commencer à travailler dans le bloc 9".

Mais il a remis en question le moment choisi, affirmant qu'il était probablement prévu par l'administration Trump avant les élections présidentielles afin de pouvoir marquer un «nouvel accomplissement de politique étrangère».

Réaction mixte

Les réactions aux pourparlers ont été mitigées au Liban, encore sous le choc d'une énorme explosion le 4 août au port de Beyrouth qui a tué plus de 190 personnes et porté un autre coup paralysant à l'économie libanaise en crise.

Les critiques du Hezbollah sur les réseaux sociaux ont décrit les pourparlers comme contrastant avec la position anti-israélienne du puissant mouvement soutenu par l'Iran.

Le quotidien pro-Hezbollah Al-Akhbar les a qualifiés lundi de "moment de faiblesse politique sans précédent pour le Liban", arguant qu'Israël est le véritable "bénéficiaire".

Le Hezbollah est à la fois un groupe armé qui a mené plusieurs guerres contre Israël et une force majeure de la politique libanaise, avec des sièges au Parlement.

Jeudi dernier, son bloc parlementaire a souligné que la démarcation de la frontière maritime contestée du Liban avec Israël ne signifiait ni «réconciliation» ni «normalisation».

À la suite d'une guerre de 2006, des pourparlers réguliers entre des officiers de l'armée israélienne et libanaise ont été rétablis sous les auspices d'Unifil.

Outre les discussions sur la frontière maritime qui seront facilitées par les États-Unis, une piste négociée par Unifil devrait également permettre de régler les différends frontaliers terrestres en suspens.

Khashan de l'AUB a déclaré que ces négociations seraient plus complexes car elles soulèveraient sans aucun doute la question du formidable arsenal détenu par le Hezbollah, le seul groupe libanais à ne pas avoir désarmé après la guerre civile au Liban.

"Le Hezbollah n'acceptera pas de renoncer à son arsenal", a-t-il déclaré.

Grégoire

Grégoire

38 ans, séparé et papa d’un petit garçon nommé Nathan je suis un journaliste de presse écrite, fortement orienté vers l’humain, l'économie et la Chine. Je suis titulaire de la carte de presse 109543, depuis 2008.

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