La Turquie accuse l’UE du scandale du «  sofagate  »

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ISTANBUL (AFP) – La Turquie a blâmĂ© mercredi 7 avril l'Union europĂ©enne pour la disposition des sièges qui a laissĂ© la chef de la Commission europĂ©enne Ursula von der Leyen sans chaise lors d'une rĂ©union avec le prĂ©sident turc Recep Tayyip Erdogan.

M. Erdogan et les responsables turcs ont fait l'objet d'un torrent de critiques après que les images soient devenues virales de sa rencontre mardi avec le Dr von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel à Ankara.

La salle bien aménagée dans laquelle les trois dirigeants sont entrés n'avait que deux chaises disposées à côté des drapeaux correspondants de l'UE et de la Turquie.

M. Erdogan et M. Michel se sont rapidement assis tandis que le Dr von der Leyen – dont le rang diplomatique est le mĂŞme que celui des deux hommes – Ă©tait laissĂ© debout.

"Ehm," dit-elle ostensiblement, tout en semblant Ă©carter les bras d'Ă©merveillement.

Des images officielles l'ont ensuite montrée assise sur un canapé en face de celui pris par le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.

M. Cavusoglu a déclaré jeudi que les critiques adressées à la Turquie pour la gaffe diplomatique étaient "injustes".

"La disposition des sièges a été faite conformément à la suggestion de l'UE. Point final. Nous ne révélerions pas ce fait si des accusations n'avaient pas été portées contre la Turquie", a déclaré M. Cavusoglu aux journalistes.

"Les demandes et suggestions de la partie européenne ont été satisfaites et le protocole approprié a été appliqué lors de la réunion", a-t-il déclaré.

L'hospitalité turque

Le faux pas diplomatique a été immédiatement qualifié de "sofagate" sur Twitter et est devenu le point de discussion dominant du premier sommet Turquie-UE en un an.

La réunion visait à donner un ton plus positif aux relations après des mois de troubles sur plusieurs fronts.

Mais cela s'est terminĂ© avec des responsables europĂ©ens accusant la Turquie – qui s'est retirĂ©e le mois dernier de la convention historique d'Istanbul de lutte contre la violence sexiste – de chauvinisme masculin.

«D'abord, ils se retirent de la Convention d'Istanbul et maintenant ils laissent le président de la Commission européenne sans siège en visite officielle. Honteux. #WomensRights», a écrit Iratxe Garcia Perez, membre du Parlement européen espagnol.

Certains se sont également demandé pourquoi M. Michel était si prompt à prendre place.

Le président du Conseil européen a rompu mercredi près d'une journée entière de silence en écrivant sur Facebook qu'il se rendait compte que la scène donnait "l'impression que j'ignorais cette situation".

Mais M. Michel l'a blâmé sur une "erreur de protocole" de la part de la Turquie que lui et le Dr von der Leyen ont décidé d'ignorer à l'époque.

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Les deux dirigeants européens "ont choisi de ne pas l'aggraver en faisant un incident public", a écrit M. Michel.

"Je suis triste que cette situation ait éclipsé le travail géopolitique majeur et bénéfique que nous avons mené ensemble à Ankara, et dont j'espère que l'Europe récoltera les fruits".

Le Dr von der Leyen elle-même a profité d'une conférence de presse post-sommet pour souligner qu'elle avait eu une discussion détaillée avec M. Erdogan sur les droits des femmes.

"Je suis profondément préoccupée par le fait que la Turquie s'est retirée de la Convention d'Istanbul", a-t-elle déclaré.

Le porte-parole de la Commission européenne, Eric Mamer, a déclaré que l'incident avait "accentué son attention sur la question".

Mais M. Cavusoglu a déclaré que la Turquie savait parfaitement comment suivre le protocole diplomatique et se conformait simplement aux instructions d'une délégation de planification envoyée par Bruxelles.

"La Turquie est un État bien établi qui accueille des invités souvent et à tous les niveaux", a-t-il déclaré.

"Les rĂ©unions – en particulier en Turquie – se tiennent dans le cadre des règles du protocole international et de l'hospitalitĂ© turque."

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