Des ennuis au paradis : une Ă®le de vacances espagnole est victime d’un coronavirus

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MADRID (REUTERS) – Sur l’Ă®le espagnole de Majorque, qui dĂ©pend du tourisme, la fermeture totale des hĂ´tels en raison de l’Ă©pidĂ©mie de coronavirus a dĂ©truit les moyens de subsistance de tout le secteur, du personnel d’accueil aux agriculteurs qui fournissent la nourriture aux restaurants.

Les Ă®les BalĂ©ares, dont Majorque est la plus grande, sont l’une des plus grandes attractions de l’Espagne, qui a accueilli près de 84 millions de visiteurs en 2019 pour maintenir sa position de deuxième destination de vacances la plus populaire au monde.

Ils sont donc confrontĂ©s Ă  une menace particulièrement aiguĂ« du resserrement des dĂ©penses et des restrictions de mouvement pendant la crise, qui a frappĂ© l’Espagne le plus durement en Europe après l’Italie.

DĂ©sespĂ©rĂ©s de rouvrir, mĂŞme si c’est Ă  capacitĂ© rĂ©duite, les hĂ´tels font pression sur le gouvernement pour autoriser des voyages limitĂ©s entre l’Allemagne et Majorque – qui ont toutes deux des taux d’incidence de coronavirus relativement faibles, dĂ©clare M. Xisco Porcel, vice-prĂ©sident de l’association des hĂ´tels Peguera et Cala Fornells de l’Ă®le.

De nombreuses personnes qui dĂ©pendent de l’industrie du tourisme dans l’archipel travaillent selon le modèle « six mois de travail, six mois de repos ». L’Ă©norme vague de licenciements temporaires dans les hĂ´tels et les restaurants prend du temps Ă  se concrĂ©tiser, laissant de nombreuses personnes sans argent.

« Je n’ai pas reçu un seul euro au cours du dernier mois et demi », a dĂ©clarĂ© M. Elias Suliar Nicolau, 34 ans, chef de rĂ©ception dans un hĂ´tel du nord-ouest de Majorque, qui a dĂ» payer son loyer avec ses Ă©conomies en attendant les paiements d’un programme de congĂ© de l’État.

Il remplit ses journées en lisant, entre autres, le romancier français Albert Camus, La Peste.

« Ce qui n’est pas clair pour l’instant, c’est quand nous allons retrouver une certaine normalité », a-t-il ajoutĂ© par tĂ©lĂ©phone.

La rĂ©putation de l’Espagne en tant que destination de vacances sĂ»re, dĂ©veloppĂ©e pendant plus de quatre dĂ©cennies, a contribuĂ© Ă  porter la contribution du tourisme Ă  l’Ă©conomie Ă  plus de 12 % – un revenu aujourd’hui menacĂ©.

« L’impact de Covid-19 sera comme une guerre », a dĂ©clarĂ© M. Gabriel Escarrer, directeur gĂ©nĂ©ral de la chaĂ®ne hĂ´telière Melia qui gère plus de 350 hĂ´tels dans le monde, dont 23 Ă  Majorque.

« MĂŞme les pires crises financières ou le 11 septembre ne nous ont pas laissĂ© une visibilitĂ© aussi faible qu’aujourd’hui », a-t-il dĂ©clarĂ© lors d’une table ronde retransmise sur le web et organisĂ©e par le cabinet de conseil espagnol Thinking Heads.

GRANDS PRĂŠTS

L’Ă©pidĂ©mie de coronavirus a frappĂ© l’Espagne après des annĂ©es d’investissements massifs dans son secteur hĂ´telier, en particulier dans les points chauds des Ă®les BalĂ©ares comme Majorque et Ibiza.

Les investissements dans le secteur hôtelier espagnol ont triplé au cours des dix dernières années, selon la société de services immobiliers Colliers International, la plupart provenant de fonds étrangers qui ont acheté des hôtels familiaux et dépensé des millions pour les rénover.

En 2018 – une annĂ©e record – les investisseurs ont dĂ©pensĂ© près de 5 milliards de livres sterling (7,71 milliards de dollars) pour des transactions dans le secteur hĂ´telier en Espagne, selon Colliers. En retour, les petits hĂ´tels ont empruntĂ© massivement pour les rĂ©nover afin d’attirer des visiteurs plus dĂ©pensiers.

« La plupart des hôtels de Majorque ont fait de gros investissements ces dernières années pour passer au niveau supérieur. Nous avons tous de gros emprunts », a déclaré M. Porcel, qui gère également un hôtel quatre étoiles en bord de mer à Peguera, connu sous le nom de « Petite Allemagne » en raison de sa popularité auprès des familles allemandes.

La plupart des gens s’attendent Ă  ce que l’Ă©tĂ© soit un Ă©chec, d’autres craignent une guerre des prix encore plus violente pour ramener les touristes.

« Je me suis mis dans la peau d’un hĂ´telier indĂ©pendant qui a un hĂ´tel… Ils devront se plier en quatre pour capter le plus de demande possible Ă  n’importe quel prix », a dĂ©clarĂ© M. Miguel Vazquez, spĂ©cialiste de l’hĂ´tellerie chez Colliers.

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