Coronavirus : pour combattre le virus, la Colombie tente de séparer les hommes et les femmes

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BOGOTA, COLOMBIE (NYTIMES) – Tant d’hommes. Des hommes Ă  la boulangerie, des hommes Ă  vĂ©lo, des hommes dans les parcs, des hommes dans les allĂ©es de l’Ă©picerie.

« C’est bizarre », a dĂ©clarĂ© Mme Adriana Perez, infirmiĂšre en blouse qui attend Ă  la banque, la seule femme en vue. « Mais ça marche. »

Bogotå, la capitale et la plus grande ville de Colombie, a rejoint le Panama cette semaine pour mettre en place une mesure de prévention des virus basée sur le sexe, destinée à limiter le nombre de personnes dans les rues.

Les jours impairs, les hommes peuvent quitter la maison pour aller chercher l’essentiel. Les jours pairs, c’est le tour des femmes.

Cette mesure intervient alors que les villes d’AmĂ©rique latine luttent pour empĂȘcher les gens de sortir de la rue, malgrĂ© les ordres de quarantaine qui sont en place depuis des semaines dans la plupart des pays.

Le virus a Ă©tĂ© plus lent Ă  frapper la rĂ©gion, mais il commence Ă  se faire sentir avec une force brutale dans certaines parties, en particulier en Équateur, oĂč des centaines de personnes sont mortes ces derniĂšres semaines, submergeant le centre d’affaires de Guayaquil.

La Colombie compte environ 3 000 des plus de 60 000 cas d’AmĂ©rique latine, la plupart d’entre eux Ă©tant concentrĂ©s Ă  Bogota.

Pour arrĂȘter la propagation du virus, certains pays de la rĂ©gion ont commencĂ© Ă  arrĂȘter les briseurs de quarantaine. D’autres ont instaurĂ© des couvre-feux. La capitale colombienne tente de sĂ©parer les sexes.

Il existe des exceptions pour les personnes travaillant dans des secteurs critiques, comme la restauration et les soins de santĂ©, et d’autres exemptions pour des cas particuliers.

Un couple marche dans la rue en ignorant la mesure de prévention des virus basée sur le sexe à Bogota le 13 avril 2020. PHOTO : EPA-EFE

Les promeneurs de chiens, quel que soit leur sexe, peuvent partir pendant 20 minutes. Mais au-delĂ  de cela, toute personne prise en flagrant dĂ©lit d’infraction est passible d’une amende de 240 dollars US (341,49 $S), soit environ le salaire mensuel minimum en Colombie.

Le maire de Bogota, Mme Claudia LĂłpez, la premiĂšre femme et la premiĂšre personne ouvertement gay Ă  diriger la ville, a dĂ©clarĂ© que les personnes transgenres peuvent suivre le genre auquel elles s’identifient.

Les autoritĂ©s, dit l’ordonnance sanitaire, doivent respecter « les diverses manifestations de genre ».

Le maire a qualifié cette mesure de moyen le plus simple de diviser la population de maniÚre à ce que la police puisse vérifier.

Au cours des deux premiers jours de la mesure, la police a sanctionnĂ© 104 femmes et 610 hommes pour avoir violĂ© l’ordre, selon Mme Lopez. Les contrevenants doivent payer la moitiĂ© de l’amende dans les cinq jours, sous peine d’ĂȘtre poursuivis en justice.

Le PĂ©rou a adoptĂ© une mesure similaire, mais le prĂ©sident MartĂ­n Vizcarra l’a annulĂ©e suite aux critiques selon lesquelles elle entraĂźnerait une discrimination Ă  l’encontre des transsexuels.

Au dĂ©but de ce mois, Human Rights Watch a critiquĂ© la politique de sĂ©paration des sexes au Panama, affirmant que la police l’avait utilisĂ©e pour arrĂȘter et mettre Ă  l’amende une femme transgenre qui avait quittĂ© la maison un jour rĂ©servĂ© aux femmes.

La police l’a arrĂȘtĂ©e, a dĂ©clarĂ© le groupe de dĂ©fense des droits, « apparemment parce que le marqueur de genre « masculin » sur sa carte d’identitĂ© ne correspondait pas Ă  son apparence ».

La mesure colombienne rappelle la politique de circulation la plus connue de Bogota, limitant les plaques d’immatriculation qui peuvent ĂȘtre dĂ©livrĂ©es Ă  tel ou tel jour, en fonction du numĂ©ro final de la plaque.

Bogota, une ville de huit millions d’habitants, a gĂ©nĂ©ralement l’un des pires trafics au monde, et cette politique est un trait caractĂ©ristique de la vie en ville en temps normal.

Le pays est dĂ©jĂ  en quarantaine depuis prĂšs d’un mois, une mesure qui limite la plupart des dĂ©placements et qui s’avĂšre particuliĂšrement difficile pour les personnes ayant un emploi informel, qui soutiennent gĂ©nĂ©ralement leur famille grĂące au travail qu’elles effectuent ce jour-lĂ  ou cette semaine.


Une femme avec un panneau indiquant « nous avons faim » est vue avec son fils à Cali, en Colombie, le 16 avril 2020. PHOTO : EPA-EFE

Mercredi, Mme Yesica Benavides se tenait au milieu des hommes sur un trottoir de Bogota, essayant de vendre des bonbons.

Elle n’avait ni gants ni protection faciale, ayant donnĂ© son seul masque Ă  sa fille de trois ans, Nicole.

« Nous sortons tous les jours », dit-elle, Nicole à ses cÎtés. Ils dorment tous les deux dans un motel et paient leur loyer la nuit.

« Si nous ne sortons pas », a dit Mme Benavides, « nous ne mangeons pas ».

Mais cette mesure a suscité des louanges dans plusieurs quartiers de la ville.

Dans le quartier de classe moyenne d’El Recuerdo, la police a arrĂȘtĂ© des femmes pour leur demander pourquoi elles Ă©taient sorties. Les hommes s’alignent aux portes des supermarchĂ©s, essayant de se tenir Ă  un mĂštre de distance.

« Moins il y a de gens dans la rue », a dĂ©clarĂ© M. William Legizamon, ingĂ©nieur Ă  la sortie d’une Ă©picerie, « mieux c’est ».

M. Jorge Chacón, un chef cuisinier quittant un petit marché, a déclaré avoir remarqué une diminution du trafic dans les rues et a encouragé une application encore plus stricte de la loi.

« Nous devons ĂȘtre plus drastiques avec ces mesures », a-t-il dit, « parce que les gens sortent ».

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