L’UE doit regarder au-delĂ  de l’Europe pour se redresser

L’UE doit regarder au-delĂ  de l’Europe pour se redresser

Une fois que la crise actuelle du coronavirus sera terminĂ©e, il ne fait aucun doute que nous Ă©mergerons tous dans un monde trĂšs diffĂ©rent. Beaucoup a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dit sur ce qui va probablement changer Ă  l’Ă©chelle gĂ©opolitique et en termes de coĂ»t Ă©conomique national – mais qu’en est-il Ă  un niveau plus large ? Que signifie cette crise pour le commerce mondial et les chaĂźnes d’approvisionnement transfrontaliĂšres ? Quel sera l’impact sur la zone euro ? Qu’arrivera-t-il Ă  la libre circulation des personnes ?

Toutes ces questions devront Ă  un moment donnĂ© trouver une rĂ©ponse, et l’Union europĂ©enne elle-mĂȘme devra fournir une grande partie des orientations nĂ©cessaires Ă  cet Ă©gard. Cela est particuliĂšrement vrai lorsqu’il s’agit de gĂ©rer la politique budgĂ©taire. Aucune de ces questions ne peut ĂȘtre facilement rĂ©solue. Compte tenu des divisions qui existaient au sein du Conseil europĂ©en il y a seulement deux mois au moment de la nĂ©gociation du nouveau budget et des obstacles fiscaux que l’UE doit surmonter pour Ă©tablir une reprise stable, le niveau est Ă©levĂ©.

Tout d’abord, la question redoutĂ©e des « euro-obligations » s’est Ă  nouveau posĂ©e. Une question qui a peut-ĂȘtre causĂ© la plus grande division lors des prĂ©cĂ©dentes tentatives de nĂ©gociation du « cadre financier pluriannuel » (CFP). Les membres du Sud de l’Europe veulent que ces obligations soient Ă©mises pour les aider Ă  se relever lorsque la crise se terminera, et pourtant de nombreux pays du Nord de l’Europe sont encore rĂ©ticents car ils savent qu’ils finiront par devoir garantir les dettes de ces obligations.

Le chef du parti conservateur Fratelli d’Italia (FrĂšres d’Italie) a rĂ©cemment condamnĂ© la Commission europĂ©enne pour ne pas avoir exhortĂ© la Banque centrale europĂ©enne (BCE) Ă  relancer l’assouplissement quantitatif – l’acte d’acheter des obligations d’État ou d’autres actifs financiers afin d’injecter de l’argent dans l’Ă©conomie pour stimuler la croissance Ă©conomique. Christine Lagarde, chef de la BCE, a soulignĂ© le fait que la Banque d’Angleterre avait pris des mesures similaires, bien qu’elle ait effectivement offert au gouvernement britannique un dĂ©couvert sous la forme d’une ligne de crĂ©dit prolongĂ©e.

Au lieu d’opter pour une approche traditionnelle de banque centrale, la BCE a proposĂ© la crĂ©ation d’une « bad bank » de la zone euro qui pourrait prendre en charge les dettes restantes des petites entreprises et des banques, les collectiviser, puis les annuler. Cette mesure vise Ă  empĂȘcher les entreprises europĂ©ennes de contracter des emprunts pour se sauver, car il est peu rĂ©aliste qu’elles puissent rembourser leurs dettes Ă  l’avenir, comme ce fut le cas lors de la crise des prĂȘts hypothĂ©caires Ă  risque en 2007.

La Commission europĂ©enne a repoussĂ© l’idĂ©e en dĂ©clarant qu’elle n’est pas disposĂ©e Ă  assouplir les rĂšgles sur les aides d’État. Cette position a Ă©galement Ă©tĂ© appliquĂ©e au dĂ©but de la crise du coronavirus, avant que de nombreux États membres qui voulaient intervenir directement dans l’Ă©conomie ne fassent marche arriĂšre. La Commission europĂ©enne a plutĂŽt proposĂ© qu’ils autorisent l’emprunt sur le marchĂ© pour financer un plan de relance qui viendra s’ajouter au budget annuel.

La Commission n’a pas encore dĂ©cidĂ© de l’endroit oĂč l’argent sera empruntĂ©, et la commissaire Dombrovakis a dĂ©clarĂ© au Parlement europĂ©en : « La maniĂšre exacte dont nous appelons l’emprunt reste Ă  discuter. Les critiques ont soulignĂ© qu’une telle action ne ferait qu’ajouter de la dette aux pays d’Europe du Sud qui ont Ă©tĂ© les plus durement touchĂ©s.

Une autre proposition a consistĂ© Ă  augmenter le financement de la Banque europĂ©enne d’investissement afin de lui permettre d’accorder des prĂȘts avantageux aux petites et moyennes entreprises dans toute l’UE. Bien que cette idĂ©e n’ait pas Ă©tĂ© ouvertement rejetĂ©e – certains en Europe du Nord craignent que l’augmentation du financement leur tombe dessus.

Enfin, il y a des questions plus larges – comme celle de savoir quand l’Europe pourra s’ouvrir Ă  nouveau comme il se doit. L’Organisation mondiale de la santĂ© a dĂ©jĂ  dĂ©clarĂ© qu’elle ne pense pas que le moment soit venu pour les gens de retourner au travail, encourageant les pays Ă  adopter une approche progressive. Toutefois, cela crĂ©e une grande incertitude quant au moment oĂč les entreprises pourront commencer Ă  travailler ensemble au-delĂ  des frontiĂšres, oĂč les employĂ©s pourront voyager et oĂč les commandes seront exĂ©cutĂ©es.

La clĂ©, comme pour tout dans cette crise, c’est la patience. Toutefois, plus l’Europe restera bloquĂ©e longtemps, plus le processus de reprise sera difficile.

Julien

Julien

35 ans, mariĂ© et papa d’une petite fille nommĂ© LĂ©a, je suis un journaliste de presse Ă©crite, fortement orientĂ© vers l’humain, l'Ă©conomie et l'Afrique. Je suis titulaire de la carte de presse 106530, depuis 2005.

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